« Nous dînons avec des amis musulmans »

par duanermiles

Le son des balles, l’impact et la douleur souvent sont évoqués. La guerre était là et semble parfois vouloir s’accrocher aux quelques façades d’époques criblées. Après les larmes des mères aux enfants tombés sous la vengeance d’un frère renié, la réaction post trauma est vive.

Remus et Romulus trônent, tout deux vivants et rompus , sur les ruines de l’ancienne Phénicie glorieuse. Les deux frères, nés d’une même mère, nourris à différents pis, ne sont finalement pas morts, les tensions restent pourtant vives malgré des conciliations incessantes. Que disent les augures, le pomoerium sera-t-il de nouveau franchi?

Beyrouth semble vouloir plus qu’oublier pour restaurer, effacer pour rebâtir, enfouir le vieux témoin sous un neuf aveugle et censé plus flamboyant encore. L’Esprit se perd, une illusion de renouveau faste circule sous les bulldozers  d’une inflation immobilière speculatrice. Le refoulement est brut, la sublimation ratée, La névrose sommeillante . La course de l’Histoire violente ne tient qu’à la mèche d’une bombe politique.

L’union apparaît parfois sous l’hospice de la quête de repos, d’un destin reconnu comme lié mais aussi face au rejet des fautes vers un ennemi commun. Petit Goliath contre géant David. Paix intérieure pour guerre extérieure?

« Nous dînons avec des amis musulmans ce soir » me dit mon hôte chrétien tout en nouant sa cravate rouge et blanche pointillée de vert cèdre. La précision semble encore nécessaire.

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